di Valérie Segond
Confronté à deux crises majeures, le gouvernement italien est entrain d'exhumer une solution conçue naguère pour répondre aux besoins de reconstruction de l'après guerre : l'entrée de l'Etat au capital. Un projet cher aux Cinq étoiles qui ont fait de la renationalisation de la distribution de l'eau une de leurs promesses clé de campagne. Interrogé par les sénateurs sur ce qu'il comptait faire pour résoudre la crise de l'aciérie Arcelor Mittal et celle d'Alitalia, le ministre du développement économique, le Cinq étoiles Stefano Patuanelli leur a répondu : "S'il le faut, nous reviendrons à l'IRI à un moment où il nous faut protéger notre production industrielle et nos entreprises", en référence à l'Institut pour la Reconstruction Industrielle, qui de 1933 à 2000 fut le bras armé de l'Etat dans l'industrie italienne. Et qui aujourd'hui, ramené à la simple gestion de subventions publiques aux entreprises innovantes, s'appelle Invitalia.
Bien sûr, l'idée n'est pas de reprendre le rôle de pilier central de l'industrie italienne qu'il eut dans les années 1970. L'Etat italien a presque tout vendu au privé, et s'est totalement désintéressé de leur orientation stratégique. L'objectif, qui est pour l'instant une hypothèse de travail pour sortir des crises pré-citées, serait plutôt de palier aux carences du marché quand les investisseurs privés ne sont plus prêts à assumer les risques de l'entreprise. Un geste qu'il espère temporaire.
Confronté à une chute du marché de l'acier, Arcelor Mittal ne veut plus assumer les pertes de l'aciérie de Tarente (2 millions par jour) et financer seul l'assainissement de l'activité. "La privatisation de la sidérurgie a été une erreur parce que seule une présence forte de l'Etat peut permettre de mener de front la production sidérurgique et les investissements de protection de l'environnement", a affirmé Patuanelli au Sénat. Arcelor Mittal serait, dit on, demandeur : "Le gouvernement ayant par deux fois trahi la parole donnée en supprimant l'immunité pénale de ses dirigeants, Arcelor Mittal espère que l'entrée de l'Etat au capital sera une assurance contre les revirements politiques." explique Alberto Mingardi de l'Istitut Bruno Leoni à Milan.
Idem pour Alitalia, en état de faillite chronique, et dont on attend depuis deux ans la reprise par un acteur du marché : alors qu'elle perd 600 millions d'euros par an, et a mangé les 900 millions que l'Etat lui avait "prêté", tous les candidats à sa reprise se sont dérobés, y compris la compagnie ferroviaire publique Fs "invitée" à organiser un tour de table. "Evidemment, pour l'instant, nous n'avons pas de solution de marché à portée de main" a du reconnaître le premier ministre, Giuseppe Conte. Qui doit trouver une solution d'ici Noël, l'Europe menaçant, au nom de la concurrence, de condamner l'Italie pour aide illégale d'Etat. Joignant le geste à la parole, elle a bloqué l'octroi du nouveau prêt relais de 400 millions d'euros promis à la compagnie.
L'entrée au capital de l'Etat aiderait il l'Italie à passer ces crises ? Les syndicats, comme la CGIL, ont applaudi des deux mains, y voyant l'occasion de relancer le développement industriel du pays. Mais cet optimisme est peu partagé : "Le changement d'actionnaire ne changera rien au problème de fond, répète le professeur de l'histoire des entreprises à la Bocconi, Andrea Colli. Nous sommes dans les deux cas en présence d'entreprises qui ne sont pas viables car surdimensionnées, avec chacune plus de 5000 sureffectifs, que l'Etat n'a jamais voulu restructurer, ni laisser à des repreneurs potentiels le soin de le faire, car les deux se trouvent au coeur de leur bassin électoral, à savoir dans les Pouilles et à Rome." Des entreprises déjà trop politiques en somme, qui gagneraient à être dépolitisées, comme le résume Alberto Mingardi : "Un manager qui répond à ses actionnaires doit faire des profits, celui qui dépend des politiques a bien d'autres objectifs. Lequel des deux aidera l'entreprise à être efficace et à se faire un avenir ?"
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Confronté à deux crises majeures, le gouvernement italien est entrain d'exhumer une solution conçue naguère pour répondre aux besoins de reconstruction de l'après guerre : l'entrée de l'Etat au capital. Un projet cher aux Cinq étoiles qui ont fait de la renationalisation de la distribution de l'eau une de leurs promesses clé de campagne. Interrogé par les sénateurs sur ce qu'il comptait faire pour résoudre la crise de l'aciérie Arcelor Mittal et celle d'Alitalia, le ministre du développement économique, le Cinq étoiles Stefano Patuanelli leur a répondu : "S'il le faut, nous reviendrons à l'IRI à un moment où il nous faut protéger notre production industrielle et nos entreprises", en référence à l'Institut pour la Reconstruction Industrielle, qui de 1933 à 2000 fut le bras armé de l'Etat dans l'industrie italienne. Et qui aujourd'hui, ramené à la simple gestion de subventions publiques aux entreprises innovantes, s'appelle Invitalia.
Bien sûr, l'idée n'est pas de reprendre le rôle de pilier central de l'industrie italienne qu'il eut dans les années 1970. L'Etat italien a presque tout vendu au privé, et s'est totalement désintéressé de leur orientation stratégique. L'objectif, qui est pour l'instant une hypothèse de travail pour sortir des crises pré-citées, serait plutôt de palier aux carences du marché quand les investisseurs privés ne sont plus prêts à assumer les risques de l'entreprise. Un geste qu'il espère temporaire.
Confronté à une chute du marché de l'acier, Arcelor Mittal ne veut plus assumer les pertes de l'aciérie de Tarente (2 millions par jour) et financer seul l'assainissement de l'activité. "La privatisation de la sidérurgie a été une erreur parce que seule une présence forte de l'Etat peut permettre de mener de front la production sidérurgique et les investissements de protection de l'environnement", a affirmé Patuanelli au Sénat. Arcelor Mittal serait, dit on, demandeur : "Le gouvernement ayant par deux fois trahi la parole donnée en supprimant l'immunité pénale de ses dirigeants, Arcelor Mittal espère que l'entrée de l'Etat au capital sera une assurance contre les revirements politiques." explique Alberto Mingardi de l'Istitut Bruno Leoni à Milan.
Idem pour Alitalia, en état de faillite chronique, et dont on attend depuis deux ans la reprise par un acteur du marché : alors qu'elle perd 600 millions d'euros par an, et a mangé les 900 millions que l'Etat lui avait "prêté", tous les candidats à sa reprise se sont dérobés, y compris la compagnie ferroviaire publique Fs "invitée" à organiser un tour de table. "Evidemment, pour l'instant, nous n'avons pas de solution de marché à portée de main" a du reconnaître le premier ministre, Giuseppe Conte. Qui doit trouver une solution d'ici Noël, l'Europe menaçant, au nom de la concurrence, de condamner l'Italie pour aide illégale d'Etat. Joignant le geste à la parole, elle a bloqué l'octroi du nouveau prêt relais de 400 millions d'euros promis à la compagnie.
L'entrée au capital de l'Etat aiderait il l'Italie à passer ces crises ? Les syndicats, comme la CGIL, ont applaudi des deux mains, y voyant l'occasion de relancer le développement industriel du pays. Mais cet optimisme est peu partagé : "Le changement d'actionnaire ne changera rien au problème de fond, répète le professeur de l'histoire des entreprises à la Bocconi, Andrea Colli. Nous sommes dans les deux cas en présence d'entreprises qui ne sont pas viables car surdimensionnées, avec chacune plus de 5000 sureffectifs, que l'Etat n'a jamais voulu restructurer, ni laisser à des repreneurs potentiels le soin de le faire, car les deux se trouvent au coeur de leur bassin électoral, à savoir dans les Pouilles et à Rome." Des entreprises déjà trop politiques en somme, qui gagneraient à être dépolitisées, comme le résume Alberto Mingardi : "Un manager qui répond à ses actionnaires doit faire des profits, celui qui dépend des politiques a bien d'autres objectifs. Lequel des deux aidera l'entreprise à être efficace et à se faire un avenir ?"
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