Anno III - Numero 26
Riflettere è considerevolmente laborioso; ecco perché molta gente preferisce giudicare.
José Ortega y Gasset

giovedì 28 giugno 2018

Le vrai danger pour l'Europe

Deux adversaires aussi redoutables l’un que l’autre, Trump et Poutine, s’attaquent à l’Union mais, pour elle, le principal danger est la peur de l’immigration

di Bernard Guetta

Ce sont les chiffres du HCR, le Haut Commissariat aux réfugiés, agence de l’ONU dont personne ne conteste la fiabilité. Entre l’année 2015, année d’un pic lié à la tragédie syrienne, et l’année dernière, le nombre de migrants arrivés sur les côtes européennes est passé d’un peu plus de 1 million à 172 000 personnes pour plus de 500 millions d’Européens.

Cette année, on n’en est plus qu’à 43 000 personnes sur six mois. La baisse s'accentue et spectaculairement. Il n’y a plus de crise migratoire. Elle est derrière nous et ce que nous vivons n’est plus qu’une crise politique dans laquelle la peur d’une invasion bouleverse tous les échiquiers nationaux.

Si injustifiée qu’elle soit, cette peur porte aujourd’hui les extrêmes-droites, partout ascendantes, sauf en Espagne, où le souvenir du franquisme est encore trop vif pour qu’elles puissent y prospérer. Cette peur est le ciment de la coalition autrichienne entre la droite et l’extrême-droite. C’est elle qui assure la force des nationalismes xénophobes dominants en Europe centrale. C’est elle qui a permis la renaissance d’une extrême-droite en Allemagne où elle inquiète tant la droite que Mme Merkel en est contestée par l’aile bavaroise de la démocratie-chrétienne. Cette peur est enfin devenue, surtout, le grand atout de l’extrême-droite italienne, de la Ligue, dont le chef de file, Matteo Salvini, s’est adjugé le ministère de l’Intérieur d’où il a fermé les ports italiens aux bateaux de migrants sauvés de la noyade afin de montrer ses muscles et d’accroître sa popularité.

Or cela marche. Matteo Salvini joue désormais l’éclatement de la coalition avec le Mouvement 5 Etoiles, des élections anticipées et la formation d’un nouveau gouvernement avec ce qui reste de la droite berlusconienne. Cela peut très bien marcher. Troisième économie de l’Union et pays signataire du Traité de Rome, l’Italie pourrait bientôt devenir le chef de file d’extrêmes-droites européennes à même de paralyser l’Union ou, plus grave encore, d’en prendre le contrôle.

Il y a plusieurs mois que deux hommes menaçaient l’unité européenne. Vladimir Poutine jouait les extrêmes-droites pour s’imposer en force dominante du continent Europe. Donald Trump a, lui, déclaré la guerre à l’Union en taxant ses exportations vers les Etats-Unis et en refermant le parapluie américain. De l’Est et de l’Ouest, deux adversaires aussi redoutables l’un que l’autre s’attaquent à l’Union mais, pour elle, le principal danger ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur.

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